Technique FM Alexander

Michel Mangin ( 06 03 91 23 55 ), formateur certifié de Technique FM Alexander, vous invite partager quelques pensées issues de son expérience. Si vous souhaitez "laisser un commentaire", je vous répondrai rapidement.

Tempo

“Pour jouer vite, travailler lentement” est un adage que de nombreux musiciens mettent en pratique.

Une façon d’atteindre un tempo (vitesse d’exécution) rapide est de commencer lentement, avec son métronome (ce petit appareil qui nous bat la mesure, “tac-tac”, plus ou moins rapidement selon le réglage qu’on lui indique) puis de monter la vitesse, en augmentant la rapidité de la battue du métronome.

Un de mes élèves, a eu l’idée de poser son instrument entre deux changements de réglage métronomique, d’accomplir une procédure de Technique Alexander pour se détendre, puis de reprendre son travail. Il a été surpris du résultat : pas de stress, une bonne vitesse de jeu après un certain temps de travail, et aucun scrupule à cesser de travailler le morceau dès qu’il a repéré un défaut dans la production du son. Il valait mieux à ce moment passer à autre chose et reprendre une autre fois ou le lendemain. Le contraire aurait généré une tension mentale, source de tension physique, partant de dégradation du résultat musical.

Les pensées ont une odeur

Ce soir-là, Nasreddine Hodja se coucha sans manger. Il faisait froid et sa couverture n’était pas très épaisse. “Si j’avais seulement quelques légumes, je me ferais une soupe parfumée au cumin, se dit-il. Je l’avalerais bien chaude et je cesserais de grelotter.” Il s’imaginait la savourant lentement quand quelqu’un frappa à sa porte. C’était le fils de ses voisins.

- Ma mère m’envoie pour savoir si tu n’aurais pas un peu de soupe à nous donner, car il ne nous reste que du pain.

- Ces gens-là ont un odorat particulièrement développé, ils arrivent même à sentir mes pensées ! s’exclama Nasreddine.

(Extrait de “Contes des sages et facétieux Djeha et Nasreddine Hodja” – Jean Muzi - éditions Seuil – reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur)

Insomnie…!

Un de mes élèves a trouvé un processus qui lui convient en cas d’insomnie, lorsqu’il se réveille au milieu de la nuit :

1. entrer en contact avec les pensées qui occupent l’esprit et empêchent de se rendormir ; prendre le temps de les accueillir (ce peut être un souci professionnel, la crainte face à un événement inhabituel prochain, comme un voyage lointain, l’angoisse face à une situation difficile, comme un proche malade…)

2. se dire “stop” ; cesser d’être submergé par ces pensées et prendre contact avec soi (comment suis-je allongé, comment est ma respiration, y a-t -il des parties de mon corps qui sont tendues, lesquelles, est-ce que je ressens de la chaleur, du froid…) ; fermer les yeux ; ne plus regarder l’heure.

3. s’allonger en position confortable, éviter autant que possible de bouger et penser aux fondamentaux de la Technique Alexander : “je laisse mon cou libre, pour permettre à ma tête de s’éloigner de ma colonne vertébrale (nous sommes allongés) et à mon dos de s’allonger et s’élargir” ; et attendre ; si l’on s’est assoupi, l’on a probablement rêvé, l’on est sur le bon chemin ; si l’on ne dort pas vraiment, l’on se repose et c’est très bien aussi.

 

Sport

Travailler avec des sportifs de haut niveau est très intéressant ; au début de leur apprentissage de la Technique Alexander, dès que nous entreprenons une procédure technique, je les observe “prêts”, muscles bandés, articulations tendues, esprit concentré sur l’activité. Mon principal but est de leur apprendre l’importance de relâcher leur cou, diriger leur tête, élargir et allonger leur dos avant toute action, et, pour ce faire, leur enseigner comment se donner un temps d’arrêt, entrer en contact avec leur calme intérieur.

Comme ils sont mentalement entraînés à commander leur corps, ils comprennent très vite la notion de directives mentales, qui va leur permettre d’accéder à ce relâchement des tensions inutiles, préalable à l’action.

Après les avoir accueillis très tendus lors des premières séances, je m’émerveille de découvrir comme ils peuvent assimiler rapidement les principes de base de la Technique.

Croiser la jambes !

Une de mes élèves m’a dit récemment : ”Je croise tout le temps mes jambes lorsque je suis assise ; je sais que c’est très mauvais, mais c’est une habitude dont je n’arrive pas à me débarrasser !”

Je lui ai suggéré de ne pas dire que c’était très mauvais ; il est important de reconnaître la force de nos habitudes. Se juger est source de tensions inutiles.

Et puis ce n’est pas forcément mauvais : on peut se tenir assis avec les jambes croisées ; si l’on pense à la liberté de son cou et si l’on évite de laisser son thorax s’effondrer vers l’avant en raccourcissant sa colonne vertébrale, pourquoi pas ?

Personnellement, depuis que je travaille la Technique Alexander, j’évite de croiser les jambes lorsque je suis assis. Cependant, je ne demanderai jamais à un élève de ne pas le faire.

J’ai d’ailleurs invité mon élève à profiter de son habitude pour penser à son cou, à son dos, à chaque fois qu’elle croise les jambes en position assise ; ce sera beaucoup plus plaisant et apaisant pour elle que de penser : “c”est très mauvais !”

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